Coordination et gestion de l’existant en BIM – Projet BLC

Par Antoine Bourlet et Loïc Sauvage

Le projet BLC est un projet de modernisation du centre de traitement des bagages de l’Aéroport de Genève. Le montant du marché s’élève à 90 millions de CHF, les travaux ont commencé en 2019 et s’achèveront en 2022. Le projet global se divise en quatre sous projets :

- Le Terminal 1 et la Gare de Triage : travaux de curage et de transformation
- La Cour de France : travaux de restructuration béton et surélévation de la charpente
- Le bâtiment IATA : renforcement structurel et sismique
- La plate-forme extérieure Tribag : bâtiment neuf en structure métallique composé d’un hall logistique et de bureaux

Tous les travaux sont réalisés sans cessation d’activités de l’Aéroport de Genève. La Maîtrise d’Ouvrage, l’Aéroport de Genève, a séparé le projet en deux marchés : le marché Bâtiment assuré par l’entreprise totale VCS SA et le marché Process assuré par TG concept et l’entreprise Leonardo. VCS SA assure le pilotage complet de la partie BIM du projet pour les deux marchés.

Les objectifs BIM du client sont : de standardiser les rendus graphiques du projet, d’assurer la coordination 3D, d’obtenir des maquettes numériques compatibles pour l’exploitation maintenance avec un DOE numérique intégré.

L’Aéroport de Genève a lancé une campagne de scans 3D et de modélisation des bâtiments existants et a mis à disposition de VCS SA ces maquettes au format Revit à la signature du marché. Les enjeux pour VCS SA sont : de fiabiliser et d’enrichir ces bases Revit de l’existant, de réaliser les études techniques et la synthèse, de produire des livrables d’exécution, de livrer au client en fin de projet des maquettes as-built fiabilisées sous forme de DOE numérique.

VCS SA a dû mettre en place une stratégie, définir des processus et choisir des outils pour répondre à ces enjeux. La mise en œuvre du BIM sur le projet a nécessité l’évaluation du niveau de maturité BIM des contributeurs, le choix et la mise en place d’une plate-forme BIM, le choix du logiciel de coordination et le développement d’outils spécifiques pour le projet. Les outils choisis pour réaliser le projet sont Revit pour la modélisation, Navisworks pour la coordination et la plate-forme BIM360 pour le partage des fichiers et l’espace de travail Cloud.

La coordination des études techniques se divise en 4 étapes :
- La mise en place et l’organisation de BIM360
- La compilation des maquettes : une maquette fédérée compile toutes les maquettes bâtiments et les maquettes Process dans l’espace cloud de BIM360. Il a été nécessaire de mettre en place des codes couleurs dans toutes les maquettes des mandataires correspondant aux phases : existant, existant conservé, existant démoli, projet et provisoire pour permettre d’effectuer la coordination avec clarté.
- La gestion des interfaces entre le process et le bâtiment : la détection de conflits est effectuée avec Navisworks, un export du rapport de clashs est fait au format XML, un script Dynamo permet de générer des bulles dans Revit pour identifier l’emplacement des clashs et de créer une nomenclature qui centralise les paramètres liés aux bulles. L’export de la nomenclature est transmis au lot Process qui peut répondre aux différentes remarques dans un fichier Excel qui est réintégré aux maquettes Revit.
- La synthèse technique est réalisée par un ingénieur de synthèse, il créé des remarques au format BCF qui sont transmises aux mandataires et suivies grâce à la plate-forme BIMcollab Zoom.

Au vu de l’ampleur du projet et du nombre d’intervenants, il est important de contrôler la « santé » des maquettes numériques afin d’assurer un travail fluide aux équipes tout au long du projet.

Pour assurer ces contrôles qualités, un fichier Excel est exporté grâce à un script Dynamo depuis chacun des modèles, il est ensuite importé dans PowerBI pour créer des tableaux de bord comprenant les informations clés : la taille du fichier, le nombres et les types de messages d’erreurs etc. Ces contrôles sont effectués régulièrement et transmis aux mandataires.

La fiabilisation des maquettes de l’existant afin de réaliser les études techniques est un enjeu majeur du projet. L’outil utilisé est Dalux qui permet de visualiser les maquettes numériques en 2D et en 3D sur le terrain à l’aide d’une tablette. Cet outil permet de créer des remarques avec des photos, des cotations, des annotations en cas d’incohérence et d’extraire des rapports qui seront transmis aux mandataires.

L’application Dalux Field de projection de la maquette numérique dans le réel grâce à la réalité augmentée est en cours de mise en place. Elle permettra aux conducteurs de travaux d’assurer le suivi de l’avancement et de fiabiliser les maquettes as-built produites en fin de projet.

En conclusion, il est important de travailler avec des maquettes de l’existant les plus complètes possibles, de continuer à optimiser les processus et les outils au cours du projet et de fournir au client un avatar numérique fidèle au réel. Il faut également capitaliser ses réussites et ses échecs afin de créer de la documentation, des process et des outils qui pourront être réutilisés pour d’autres projets.

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